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lundi 11 août 2014

La princesse Printanière

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Ouvrant vite les yeux, elle aperçut à la lueur de son escarboucle que le méchant Fanfarinet avait le bras levé, prêt à lui percer le sein de son épée : car la voyant si grassette et si blanchette, et ayant bon appétit, il voulait la tuer pour la manger. Elle ne délibéra plus sur ce qu’elle devait faire; elle tira doucement son poignard qu’elle avait gardé depuis la bataille, et elle lui en donna un si furieux coup dans l’oeil, qu’il mourut sur-le-champ.


— Extrait de « La princesse Printanière », Mme d’Aulnoy, 1697 —



lundi 4 août 2014

L’énigme du Sphinx

©Rudowski/ESIAJ 2012
Quel est, dit le Sphinx, l’animal qui marche à quatre pattes le matin, sur deux pattes à midi et sur trois pattes le soir ? Œudipe répondit sans hésiter : C’est l’homme. Le matin, c’est-à-dire quand il est petit enfant, il marche à quatre pattes. À midi, au milieu de sa vie, il se tient sur ses deux jambes. Et au soir de sa vie, il s’appuie sur un bâton. Tu as gagné ! s’écria le Sphinx en rugissant. Il prit son envol, mais, dans sa colère, il se fracassa contre les rochers et son corps alla rouler au fond d’un ravin, parmi les ossements de ceux qu’il avait dévorés.


— Extrait de « L’énigme du Sphinx », Légende grecque —


samedi 8 février 2014

mardi 12 novembre 2013

La Barbe bleue

© Rudowski/ESIAJ 2012

















D'abord elle ne vit rien, parce que les fenêtres étaient fermées. Après quelques moments, elle commença à voir que le plancher était tout couvert de sang caillé, et que dans ce sang, se miraient les corps de plusieurs femmes mortes et attachées le long des murs : c’était toutes les femmes que la Barbe bleue avait épousées, et qu’il avait égorgées l’une après l’autre.

— Extrait de « La Barbe bleue », Charles Perrault, 1697 —


jeudi 26 septembre 2013

Narcisse

© Rudowski/ESIAJ 2012
















Alors, transporté d’amour, il s’allongea et regarda son reflet dans l’eau pendant des heures. Pour la première fois, il était amoureux, mais dans l’impossibilité de consommer son amour. Narcisse mourut au bord de l’eau, sans quitter son reflet des eaux. Il fut changé en une fleur blanche et délicate qui porte encore son nom et qui pousse tout près des sources fraîches.

— Extrait de « Narcisse », Légende grecque —


mardi 27 août 2013

Blanche-Neige

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Elle était si belle que le chasseur eut pitié d’elle et dit : Va, pauvre enfant ! Il pensait en lui-même : les bêtes féroces vont te dévorer bientôt. Pourtant, il se sentit le coeur soulagé d’un grand poids à l’idée qu’il avait pu se dispenser de l’égorger. Et comme il vit courir devant lui un marcassin, il le tua, en prit le foie et les poumons, s’en fut les présenter à la reine, qui les fit bien assaisonner et cuire : et la méchante femme crut manger la chair et le sang de Blanche-Neige.

— Extrait de « Blanche-Neige », Jacob et Wilhelm Grimm, 1812 —


Une vendetta

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Il se tourna; alors, lâchant sa chienne, elle cria : Va, va, dévore, dévore ! L’animal, affolé, s’élança, saisit la gorge. L’homme étendit les bras, l’étreignit, roula par terre. Pendant quelques secondes, il se tordit, battant le sol de ses pieds; puis il demeura immobile, pendant que Sémillante lui fouillait le cou, qu’elle arrachait par lambeaux.

— Extrait de « Une vendetta », Guy de Maupassant, 1883 —


dimanche 21 juillet 2013

Le bracelet de cheveux

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Levez, c’est le cercueil de mon mari. Alors apparut une chose miraculeuse et que j’ai vue de mes yeux. Non seulement le cadavre était le cadavre de son mari, non seulement ce cadavre, à la pâleur près, était tel que de son vivant, mais encore, depuis qu’ils avaient été rasés, c’est-à-dire depuis le jour de sa mort, ses cheveux avaient poussé de telle sorte, qu’ils sortaient comme des racines par toutes les fissures de sa bière.

— Extrait de « Le bracelet de cheveux », Alexandre Dumas, 1849 —


samedi 11 mai 2013

Le souper des pendus

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Les corbeaux croassaient dans l’air en quittant les cadavres qui venaient de leur fournir le repas du soir, et les chouettes sinistres volaient en rond autour des potences de pierre. Et voici que deux voix aiguës et lamentables entonnèrent avec de bizarres modulations un chant. Les deux pendus, descendant lentement de leurs gibets, commencèrent à entrer en danse avec agilité.

— Extrait de « Le Souper des Pendus », Gérard de Nerval, 1831 —


dimanche 24 mars 2013

Le lit magique de Procuste

©Rudowski/ESIAJ 2012

















Voici comment ce lit magique fonctionnait. Il était équipé à un bout d’un treuil et d’une corde. À l’autre bout, d’un couperet tranchant comme un rasoir. Si vous étiez trop court pour le lit, Procuste vous étirait. Si vous étiez trop long, il coupait ce qui dépassait. De toute façon, c’était un lit dans lequel on ne se réveillait jamais.

— Extrait de « Le lit magique de Procuste », Légende grecque —


lundi 11 mars 2013

La main

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Sur un carré de velours rouge, un objet noir se détachait. Je m’approchai : c’était une main, une main d’homme. Non pas une main de squelette, blanche et propre, mais une main noire desséchée, avec les ongles jaunes, les muscles à nu et des traces de sang ancien, de sang pareil à une crasse, sur les os coupés net, comme d’un coup de hache, vers le milieu de l’avant-bras.

— Extrait de « La main », Guy de Maupassant, 1885 —



lundi 4 mars 2013

Les trois petits Cochons

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Le loup fut si en colère qu’il voulut descendre par la cheminée pour manger le petit cochon. Mais celui-ci se hâta de mettre une grande marmite d’eau sur le feu, et juste comme le loup descendait… il ôta le couvercle, et le loup tomba dans l’eau bouillante ! Le petit cochon remit bien vite le couvercle, et quand le loup fut cuit, il le mangea pour son souper.

— Extrait de « Les trois petits Cochons », Légende française —


vendredi 22 février 2013

Sur l'eau

©Rudowski/ESIAJ 2012
















L'homme qui la montait unit ses efforts aux nôtres; alors, peu à peu, l’ancre céda. Elle montait, mais doucement, doucement, et chargée d’un poids considérable. Enfin nous aperçûmes une masse noire, et nous la tirâmes à mon bord : c’était le cadavre d’une vieille femme qui avait une grosse pierre au cou.

— Extrait de « Sur l’eau », Guy de Maupassant, 1891 —


vendredi 15 février 2013

Neige-Rose et Rose-Rouge

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Soudain, l'ours sortit du fourré sans crier gare et se jeta sur lui. Le nain qui tentait vainement de se débattre ne tarda pas à implorer l’ours de lui laisser la vie sauve. Mais l’ours n’écoutait rien de tout cela. Il fit taire le nain en le tuant d’un grand coup de patte et rappela les enfants qui s’enfuyaient.

— Extrait de « Neige-Rose et Rose-Rouge », Jacob et Wilhelm Grimm, 1837 —


lundi 11 février 2013

En Glok d'amour

©Rudowski 2013













"Sans à peine un bruit sourd
Ils passent de vie à trépas
À la vue de Zofia
Les Gloks se meurent d'amour"


mercredi 16 janvier 2013

Cœur empoisonné

©Rudowski 2013













Petite participation à un concours organisé par Le petit monde tentaculesque d'Emilie.

Si vous aimez, cliquez sur mon dessin de participation (dans l'album "Ze concours tentaculesque" tout en bas) pour m'apporter un vote!

Insanitement vôtre!

Alicia


mardi 8 janvier 2013

La femme vampire

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Elle traversa le parc, se dirigeant vers le cimetière, et près du mur qui lui servait d’enceinte elle disparut. Le comte arrive au même endroit, et devant lui, à quelques pas de distance, il voit aux rayons de la lune un cercle effroyable de fantômes ou de vieilles femmes à demi-nues, échevelées et accroupies par terre, autour du cadavre d’un homme dont elles se disputent les lambeaux de chair qu’elles dévorent avec une avidité de vautours. Aurélia est au milieu d’elles!

— Extrait de « La femme vampire », Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, 1819 —


lundi 31 décembre 2012

La Fiancée

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Elle résista, affolée, le corps révulsé des pieds à la tête : il la lâcha et descendit lui-même dans la tombe ouverte. Bientôt elle ne vit plus que son bras. Elle reprit quelque peu ses esprits et voulut fuir, mais ses pieds semblaient cloués au sol. La voix de Vania l’appela encore : Viens… Le bras était proche, cherchait à l’agripper. Elle murmura alors, sans même penser à ce qu’elle disait : Attends un instant, que je m’habitue.

— Extrait de « La Fiancée », Légende tsigane —


mercredi 19 décembre 2012

La main brune

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Il y eut un fracas d’objet brisé, qui retentit à travers la maison ; quand je levai les yeux, l’Hindou avait disparu. L’instant d’après, ma porte s’ouvrait toute grande et sir Dominick faisait irruption dans la salle. Vous n’êtes pas blessé ? cria-t-il. Non, mais fortement désappointé. Il regarda, surpris, les débris de verre et la main brune sur le parquet.

— Extrait de « La main brune », Arthur Conan Doyle, 1912 —


mardi 11 décembre 2012

La gardeuse d’oies à la fontaine

©Rudowski/ESIAJ 2012
















La fille enleva une peau qui couvrait son visage, se pencha vers la fontaine et commença à se laver. Quand elle eut fini, elle plongea la peau dans l’eau de la source, et l’étendit sur l’herbe pour qu’elle blanchit et séchât au clair de lune. Mais comme la fille était changée ! Vous n’avez jamais rien vu de semblable. Quand elle eut détaché sa tresse grise, ses cheveux dorés étincelèrent comme des rayons de soleil et s’étendirent comme un manteau sur toute sa personne.

— Extrait de « La gardeuse d’oies à la fontaine », Jacob et Wilhelm Grimm, 1812 —