mardi 27 août 2013

Blanche-Neige

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Elle était si belle que le chasseur eut pitié d’elle et dit : Va, pauvre enfant ! Il pensait en lui-même : les bêtes féroces vont te dévorer bientôt. Pourtant, il se sentit le coeur soulagé d’un grand poids à l’idée qu’il avait pu se dispenser de l’égorger. Et comme il vit courir devant lui un marcassin, il le tua, en prit le foie et les poumons, s’en fut les présenter à la reine, qui les fit bien assaisonner et cuire : et la méchante femme crut manger la chair et le sang de Blanche-Neige.

— Extrait de « Blanche-Neige », Jacob et Wilhelm Grimm, 1812 —


Une vendetta

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Il se tourna; alors, lâchant sa chienne, elle cria : Va, va, dévore, dévore ! L’animal, affolé, s’élança, saisit la gorge. L’homme étendit les bras, l’étreignit, roula par terre. Pendant quelques secondes, il se tordit, battant le sol de ses pieds; puis il demeura immobile, pendant que Sémillante lui fouillait le cou, qu’elle arrachait par lambeaux.

— Extrait de « Une vendetta », Guy de Maupassant, 1883 —


dimanche 21 juillet 2013

Le bracelet de cheveux

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Levez, c’est le cercueil de mon mari. Alors apparut une chose miraculeuse et que j’ai vue de mes yeux. Non seulement le cadavre était le cadavre de son mari, non seulement ce cadavre, à la pâleur près, était tel que de son vivant, mais encore, depuis qu’ils avaient été rasés, c’est-à-dire depuis le jour de sa mort, ses cheveux avaient poussé de telle sorte, qu’ils sortaient comme des racines par toutes les fissures de sa bière.

— Extrait de « Le bracelet de cheveux », Alexandre Dumas, 1849 —


samedi 11 mai 2013

Le souper des pendus

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Les corbeaux croassaient dans l’air en quittant les cadavres qui venaient de leur fournir le repas du soir, et les chouettes sinistres volaient en rond autour des potences de pierre. Et voici que deux voix aiguës et lamentables entonnèrent avec de bizarres modulations un chant. Les deux pendus, descendant lentement de leurs gibets, commencèrent à entrer en danse avec agilité.

— Extrait de « Le Souper des Pendus », Gérard de Nerval, 1831 —


dimanche 24 mars 2013

Le lit magique de Procuste

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Voici comment ce lit magique fonctionnait. Il était équipé à un bout d’un treuil et d’une corde. À l’autre bout, d’un couperet tranchant comme un rasoir. Si vous étiez trop court pour le lit, Procuste vous étirait. Si vous étiez trop long, il coupait ce qui dépassait. De toute façon, c’était un lit dans lequel on ne se réveillait jamais.

— Extrait de « Le lit magique de Procuste », Légende grecque —


lundi 11 mars 2013

La main

©Rudowski/ESIAJ 2012
















Sur un carré de velours rouge, un objet noir se détachait. Je m’approchai : c’était une main, une main d’homme. Non pas une main de squelette, blanche et propre, mais une main noire desséchée, avec les ongles jaunes, les muscles à nu et des traces de sang ancien, de sang pareil à une crasse, sur les os coupés net, comme d’un coup de hache, vers le milieu de l’avant-bras.

— Extrait de « La main », Guy de Maupassant, 1885 —



lundi 4 mars 2013

Les trois petits Cochons

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Le loup fut si en colère qu’il voulut descendre par la cheminée pour manger le petit cochon. Mais celui-ci se hâta de mettre une grande marmite d’eau sur le feu, et juste comme le loup descendait… il ôta le couvercle, et le loup tomba dans l’eau bouillante ! Le petit cochon remit bien vite le couvercle, et quand le loup fut cuit, il le mangea pour son souper.

— Extrait de « Les trois petits Cochons », Légende française —